Des experts de l’université de Mexico et des universités américaines de Stanford, Princeton, Berkeley, Floride et de Georgia affirment dans une étude que nous serions déjà en plein dans la sixième extinction de masse. Mais qu’est-ce qu’une extinction de masse exactement et comment, quand, et pourquoi se manifeste-t-elle ? Newsline va tenter de vous répondre.

Jamais depuis la dernière extinction de masse il y a 66 millions d’années – celle des dinosaures – la planète n’a perdu ses espèces animales à un rythme aussi effréné (selon les auteurs de l’étude).

75 %

Une extinction de masse est, par définition, une période de disparition rapide et massive d’espèces aussi bien animales que végétales. Cela se ressent au niveau mondial et c’est au minimum 75 % des espèces qui disparaissent lors de ce phénomène. La biodiversité change de peau, mais attention, elle ne disparaît pas. Elle se renouvelle par le processus de spéciation.

Quelques millions d’années

Petit rappel des cinq extinctions de masse précédentes recensées. Parce que oui, une petite liste peut résumer des millions d’années.

  • L’Ordovicien supérieur (il y a environ 445 millions d’années) : on estime que 85 % des espèces disparaissent.
  • Le Devonien (entre -380 et -360 millions d’années) : c’est 35 à 50 % des espèces marines qui s’éteignent et environ 75 % des espèces au total.
  • Le Permien-Trias (entre -252 et -245 millions d’années) : c’est la plus massive de toutes. En tout, 95 % des espèces marines et 70 % des espèces terrestres disparaissent.
  • Le Trias-Jurassique (il y a environ 200 millions d’années) : elle est marquée par l’extinction de 75 % des espèces marines et de 35 % des familles d’animaux.
  • Le Crétacé-Tertiaire (il y a 65 millions d’années) : c’est la plus célèbre, étant donné qu’elle a vu l’épilogue du règne des dinosaures sur Terre.

En moyenne, une extinction de masse ne dure pas longtemps sur l’échelle du temps géologique, à peine quelques millions d’années tout au plus. Pour rappel, l’homme actuel, l’homo sapiens sapiens, est apparu il y a seulement 200 000 ans. #letempspassevite

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C’est le nombre de facteurs pouvant se cumuler qui sont en règle générale à l’origine des extinctions de masse : biologique (avec l’appauvrissement génétique et les prédateurs en surnombre)  a; terrestre (volcanisme intensif et changement climatique important)  a; et extra-terrestre (collision avec une météorite, augmentation des rayons cosmiques, etc.) Ces causes sont souvent étayées par de nouvelles hypothèses et les débats les concernant sont nombreux.

La sixième : l’Holocène

Pour Paul R. Ehrlich, professeur de biologie à Stanford et co-auteur de l’étude, nous sommes dans la sixième grande extinction, l’Holocène, qui aurait commencé il y a 13 000 ans déjà, à la suite de la colonisation de la planète par l’homme. Une étude publiée dans le journal Science Advances explique que « le taux moyen de perte d’espèces de vertébrés au siècle dernier est 114 fois supérieur à ce qu’il aurait été sans activité humaine, même en tenant compte des estimations les plus optimistes en matière d’extinction. »

Les causes principales de la disparition des espèces de l’Holocène ? Le changement climatique, la pollution, la déforestation et l’introduction d’espèces exotiques envahissantes. Le dénominateur commun ? L’homme. À ce jour, environ 41 % des espèces d’amphibiens et 26 % des espèces de mammifères sont menacées d’extinction. Des chiffres provisoires qui sont amenés à augmenter et qui pourraient plus tard inclure l’homme. Les chercheurs précisent également que leurs calculs sont le fruit d’une fourchette.

Nous insistons sur le fait que nos calculs sous-estiment très probablement la sévérité de cette crise d’extinction, parce que notre objectif était de fixer un bas de la fourchette réaliste en ce qui concerne l’impact de l’humanité sur la biodiversité.