Tout le monde connaît des hauts et des bas. Si Barack Obama s’en est très bien sorti cette semaine, cela n’a pas été le cas de Donald Trump. Ces derniers jours, le milliardaire et homme d’affaires, candidat républicain à la présidence des États-Unis, a connu une semaine chargée en dérapages, mauvaises nouvelles et mauvaises publicités. Retour sur la vie agitée de Donald Trump.

Jeudi 25 juillet 2015

Univision, le plus grand réseau de chaînes de télévision hispanophone des États-Unis, rompt ses liens avec l’organisation Miss Univers dont Donald Trump est le copropriétaire. Pourquoi ? Le réseau a jugé insultants les propos du milliardaire sur les Mexicains lors de l’annonce de sa candidature à la Maison-Blanche le 16 juin dernier. Réponse de l’intéressé ? Interdire l’accès de son parcours de golf à Miami à tous les employés d’Univision. Ouch.

#FLASHBACK

Le mardi 16 juin 2015, Donald Trump prononce les paroles suivantes qui, une semaine plus tard, enclenchent un mécanisme inarrêtable.

Lorsque le Mexique nous envoie ses gens, il n’envoie pas les meilleurs éléments. Ils envoient ceux qui posent problème. Ils apportent avec eux la drogue. Ils apportent le crime. Ce sont des violeurs. Et quelques-uns, je suppose, sont de bonnes personnes.

Et d’ajouter que s’il était élu, il ferait bâtir un mur le long de frontière américano-mexicaine, mais, attention, ferait payer les Mexicains pour sa construction. Mesure très sévère, si le Mexique continue, dit-il, de vampiriser l’économie des États-Unis en leur donnant quelque chose en retour pour changer. #Logique

Dimanche 28 juin 2015

Celui qui croit au « mariage traditionnel » était l’invité de Jake Tapper dimanche sur CNN. « Que répondriez-vous à un membre de la communauté LGBT qui vous demande ce qu’il y a de traditionnel dans le fait de se marier trois fois ? », questionne le journaliste. Car oui, Donald Trump s’est marié trois fois. Sa réponse ? « Well, they have a very good point », avant d’ajouter qu’il ne dirait tout simplement rien. Cette interview a été enregistrée juste avant la décision de la Cour Suprême de vendredi dernier, mais Trump a précisé dimanche qu’il maintenait ses propos.

Profitant de l’interview, il clarifie ses propos tenus quelques jours plus tôt sur les Mexicains en disant qu’il parlait, en fait, de toutes les personnes passant par la frontière mexicaine. Selon lui, ces personnes, qui peuvent venir de toute l’Amérique latine, sont potentiellement des violeurs. Encore mieux.

Lundi 29 juin 2015

Dans un communiqué de presse, la National Broadcasting Company (NBC) a annoncé qu’elle coupait toute relation d’affaires avec Donald Trump et qu’elle ne diffuserait pas les concours de Miss Univers et de Miss USA, auxquels Trump est affilié. Le même jour, les chaînes Ora TV (détenue par Carlos Slim, l’homme le plus riche du Mexique) et Televisa ont aussi coupé tout lien avec le candidat républicain, qui n’a pas tardé à se faire entendre :

NBC est faible et comme tout le monde, essaie d’être politiquement correcte, c’est la raison pour laquelle notre pays a de sérieux problèmes

Mardi 30 juin 2015

Las de tout cela, Trump menace Univision de monter un lourd procès pour rupture de contrat. Parce qu’interdire l’accès au golf, c’est loin d’être suffisant, soyons sérieux.

Mercredi 1er juillet 2015

Macy’s, la célèbre chaîne de magasins américaine basée à New York rompt ses relations d’affaires avec la Trump Organization et retire de la vente les collections de vêtements du milliardaire. Le principal intéressé réitère qu’il « aime les Mexicains et [qu’il a] une très bonne relation avec les Mexicains et le Mexique ». C’est pourtant clair depuis le début, non ?

Malgré tout cela, malgré toute la mauvaise presse dont Donald Trump est victime et malgré toutes ses phrases et paroles reprises, qualifiées de racistes et critiquées, un sondage mené par CNN montre que cela a contribué à le faire grimper de quelques points, atteignant le score de 12 %, mais restant toujours derrière Jeb Bush à 19 %. Surprenant pour beaucoup de monde, même si d’un autre côté il a perdu plusieurs partenariats d’affaires.

Jeudi 2 juillet 2015

Une photo, publiée d’abord sur Facebook, montre que la marque de vêtements de Donald Trump est fabriquée au Mexique. Elle a fait le tour de Twitter et des rédactions. Ce moment gênant où on se rend compte qu’en fait…#embarrassant

https://twitter.com/Carrasquillo/status/616319817084203009

Le soir, invité sur CNN par téléphone, Donald Trump enfonce encore plus le clou sur ses propos sur les viols. Le journaliste cite un article datant de 2014 publié par le magazine Fusion, qui affirme que 80 % des immigrés venant d’Amérique latine et passant aux États-Unis par la frontière mexicaine sont violés. Il s’agit spécifiquement de femmes violées, et non de criminels sexuels passant la frontière. À cela, le candidat républicain a rétorqué que quelqu’un devait bien violer ces femmes :

Somebody’s doing the raping, Don. The thing is women being raped, well, then who’s doing the raping? Who’s doing the raping?

La logique de Trump a encore frappé.

Trump ici, Trump par là, la presse américaine (mais pas que) a fait du milliardaire un de ses choux gras ces derniers jours. Toujours est-il que Trump continue sur sa lancée, en se disant que le peuple peut pardonner un candidat qui se trompe, mais en aucun cas un candidat qui apparaît comme faible. #Trumptastic