18,7 milliards de dollars (17,31 milliards d’euros), BP vient d’être condamnée jeudi à verser l’amende la plus élevée de l’histoire pour une marée noire. Combien les compagnies pétrolières paient-elles leurs catastrophes ?

La justice américaine a jugé la compagnie pétrolière britannique responsable du déversement de plus de 3 millions de barils de pétrole dans le Golfe du Mexique, suite à l’explosion de sa plateforme Deepwater Horizon en 2010. Déjà condamnée en novembre 2012 à une amende pénale de 4,5 milliards de dollars (4 milliards d’euros), BP verrait ainsi la facture totale de la catastrophe s’élever à plus de 48 milliards d’euros.

Une amende exceptionnellement élevée, mais pour une marée noire de très grande ampleur. 779 000 tonnes de pétrole auraient été déversées, soit l’équivalent de 40 fois la marée noire de l’Erika (France, 1999), 20 fois celle d’Exxon Valdez (Alaska, 1989) et 3,5 fois celle d’Amoco Cadiz (France, 1978). Lors de ces précédentes catastrophes, les compagnies pétrolières ont été condamnées respectivement à verser 375 000 € pour Total, 4 milliards d’euros pour ExxonMobil et 192 millions d’euros pour Amoco.

4 grandes marées noires et le montant des amendes infligées
L’amende à payer pour BP est la plus élevée de l’histoire, mais l’accident de Deepwater Horizon est aussi le plus important en termes de quantité de pétrole déversée dans l’océan.

18,7 milliards de dollars, c’est l’amende la plus chère jamais décidée dans une affaire de catastrophe environnementale. La compagnie pétrolière Texaco, filiale de Chevron, aurait pu être condamnée à une amende similaire. C’est, en tout cas, ce qu’avait décidé la justice équatorienne suite à la plainte de 30 000 plaignants, regroupés au sein du « Front de défense de l’Amazonie », condamnant la compagnie à 9,51 puis 18 milliards de dollars d’amende. Poursuivi pour avoir contaminé la forêt amazonienne et pollué la région de Sucumbos entre 1964 et 1990, Chevron a fait appel et a porté l’affaire devant la justice américaine et la Cour d’arbitrage de La Haye qui ont annulé la condamnation équatorienne.