Près d’une tonne d’ivoire a été détruite à Times Square (New York) vendredi, pour dénoncer le trafic illégal qui frappe éléphants et rhinocéros en Afrique notamment. Des chercheurs américains viennent de publier les résultats d’un long travail qui a permis d’identifier les zones privilégiées par les braconniers. L’objectif : y concentrer les efforts de contrôle.

C’est grâce aux données génétiques que l’équipe de Samuel Wasser, professeur de biologie de l’Université de Washington a pu identifier les deux principales régions victimes du trafic d’ivoire.

La zone du Tridom et l'Afrique de l'est sont privilégiées par les braconniers.
85 % des défenses d’éléphants interceptées entre 2006 et 2014 sont originaires de ces deux régions.

Pour y parvenir, les scientifiques ont comparé deux bases de données génétiques : l’une correspondante aux ADN trouvés dans 28 stocks d’ivoire saisis entre 1996 et 2014 et l’autre élaborée à partir d’échantillons de bouses d’éléphants recueillis dans toute l’Afrique.

96 éléphants tués par jour

D’après l’ONG Wildlife Conservation Society, plus de 100 000 éléphants auraient été victimes du braconnage entre 2010 et 2012, soit un toutes les 15 minutes. Le nombre d’éléphants en Afrique aurait été divisé par 3 en 30 ans.

L’appât du gain est fort : un braconnier en Afrique pourrait gagner près de 3 000 dollars pour une paire de défense, l’équivalent du salaire annuel, affirme l’ONG Save the Elephants.

Illégal depuis 1989, le commerce d’espèces sauvages serait le 4ème plus gros trafic international. La semaine dernière, la douane française annonçait sa plus grosse saisie d’ivoire depuis 2006 : 136 kg. Près de 60 tonnes ont été saisies en 2014.