Une Amap, association pour le maintien d’une agriculture, est un partenariat entre producteurs et consommateurs qui vise au soutien des agriculteurs et au renouveau des circuits courts de distribution. Petit tour d’horizon de cette pratique collaborative en France et à l’étranger.

Comment ça marche ?

Le fonctionnement s’appuie sur l’engagement et le partage des risques. Les adhérents paient leur part de la récolte à l’avance et les producteurs leur délivrent un panier de fruits, légumes et autres, lors d’un rendez-vous convenu. Les « Amapiens » y trouvent des avantages : produits locaux, souvent bio ou plus respectueux de l’environnement, découverte de nouveaux aliments, par exemple.

Ce système ne doit pas être confondu avec les « drive » et les réseaux de distribution comme « La Ruche qui dit oui », qui compte plus de 600 antennes. Là, les consommateurs passent commande de ce qu’ils désirent chaque semaine.

En France

Il y aurait plus de 1600 Amap et plus de 270 000 Amapiens et le mouvement interrégional des Amap, Miramap, estimait en 2010 à 36 millions d’euros leur chiffre d’affaires.

D’après une enquête Ipsos publiée en janvier 2013, les Amapiens ont un profil particulier. Ce sont plus souvent des femmes (55 %), des diplômés du supérieur (54 %), des actifs gagnant plus 3000 € net par mois et qui vivent dans des villes de plus de 200 000 habitants.

Le Sud est également surreprésenté avec 48 % des Amapiens. Un chiffre confirmé par la carte qui suit et qui représente le nombre d’Amap par département (basé sur les listes de l’annuaire national des Amap et des alliances régionales).

 

Les départements du Sud et les grandes agglomérations semblent compter le plus d'Amap. Toutefois, les chiffres sont difficiles à vérifier. Cette carte est basée sur le nombre d'Amap répertoriées par le réseau national et par les réseaux régionaux actifs.
Les départements du Sud et les grandes agglomérations semblent compter le plus d’Amap. Toutefois, les chiffres sont difficiles à vérifier. Cette carte est basée sur le nombre d’Amap répertoriées par le réseau national et par les réseaux régionaux actifs.

À travers le monde

Développée pour la première fois en France à Aubagne en 2001, cette pratique aurait pour précurseurs les Japonais qui, face à l’industrialisation et à l’usage croissant de pesticides, développent dès 1965 les Teikei (collaboration ou coopération en japonais), partenariats producteurs-consommateurs. Aujourd’hui, un foyer sur 4 participerait à ce système.

Cette pratique existe également dans d’autres pays européens : au Royaume-Uni (1 000 groupes), en Allemagne (une vingtaine de Solidarische Landwirtschaft et 2 300 consommateurs), en Suisse (une soixantaine de groupes d’Agriculture contractuelle de proximité) ou encore en Belgique avec une centaine de groupes au moins, d’après un rapport de recherche de Die Agronauten.

Les Teikei ont également fait des émules outre-Atlantique : les États-Unis compteraient plus de 1 000 CSA (Community-supported agriculture) pour plus de 150 000 consommateurs et au Québec, 35 000 personnes participeraient au réseau Équiterre d’Agriculture soutenu par la communauté (ASC).