Récemment, dans la région d’Assam en Inde, une femme âgée de 63 ans nommée Purni Orang a été décapitée parce qu’elle était accusée de sorcellerie. Selon la police locale, ces six dernières années, 90 personnes, surtout des femmes, ont été décapitées, brûlées vives, ou poignardées à mort pour le même motif. Retour sur ces pays où les chasses aux sorcières demeurent monnaie courante.

Afrique subsaharienne

D’après l’anthropologue Evans-Pritchard (1902-1973), la sorcellerie est le quotidien des Africains. Au début de l’année, un reportage de l’AFP revenait sur les nombreuses femmes assassinées pour sorcellerie en Tanzanie. Dans un village, Sufia Shadrack, la fille d’une des victimes, racontait :

Ils les ont découpées à la machette. Puis ils ont pris du bois, des matelas, une plaque de tôle, et ils les ont brûlées, comme vous cuiriez du poisson ou de la viande.

En 2013, 765 femmes tuées pour cette raison ont été recensées en Tanzanie. Sur le reste du continent, les croyances autour de la sorcellerie sont nombreuses, et s’immiscent même dans la législation de certains pays, à l’instar de la République Centrafricaine et du Cameroun. L’article 251 du Code Pénal de ce dernier stipule que :

Est puni d’un emprisonnement de deux à dix ans et d’une amende de 5 000 à 100 000 francs celui qui se livre à des pratiques de sorcellerie, magie ou divination suceptibles de troubler l’ordre ou la tranquilité publique, ou de porter atteinte aux personnes, aux biens ou à la fortune d’autrui même sous forme de rétribution.

En République Centrafricaine, selon l’article 149 du Code Pénal, c’est un emprisonnement de 5 à 10 ans et une amende allant de 100 000 à 1 000 000 de francs. Il ne fait pas bon d’être sorcière là-bas, surtout pour les affaires.

L’intérêt que suscite les affaires de sorcellerie est très grand en Afrique et la presse populaire les utilise comme des catalyseurs d’audience. En plus des États déjà cités, en République démocratique du Congo, en Gambie, au Kenya et au Ghana, les meurtres de sorcières ont fait des dizaines de fois la une des journaux. #DuPainEtDesJeux ?

Procès d'une sorcière
Une pratique d’un autre temps dépeinte dans : « The Witch, No. 1 », 1892, lithographie de Geo H. Walker & Co (bibliothèque du Congrès) cc – WIKIMEDIA COMMONS

Arabie Saoudite

En décembre 2011, le cas d’une jeune femme saoudienne accusée de sorcellerie et décapitée avait été reporté. Elle n’avait pas été la seule. Sur l’année 2011, il y aurait eu 73 exécutions de ce type en Arabie Saoudite. Amnesty International précisait alors que les accusations de sorcellerie sont fréquemment utilisées « pour punir, généralement à l’issue d’un procès inique, des personnes ayant simplement exercé leur droit à la liberté d’expression ou de religion ». C’est logique voyons. Enfin quoi.

Inde

La région d’Assam est connue pour ses chasses aux sorcières. En 2013, une athlète, accusée d’être une sorcière dans son village a était prise pour cible. En 2011, un chaman avait empoisonné 30 femmes dans le but de démasquer une sorcière. Cinq ont été hospitalisées pour état de santé grave, les autres en ont réchappé. Une méthode très efficace on dirait.

Les exemples de ce type sont légion en Inde, mais force est de constater que la plupart des cas prennent place dans les régions du Chhattisgarh, Madhya Pradesh, Jharkhand, Bihar et Assam. À rayer de vos itinéraires touristiques ?

Népal et Papouasie-Nouvelle-Guinée

Là encore, dans les villages reculés, les meurtres de femmes jeunes ou vieilles accusées de sorcellerie ne sont pas rares. Le plus souvent, ce sont des femmes incapables de se défendre, illettrées et vivant dans la pauvreté. Il arrive que ces accusations soient proférées pour récupérer les quelques terres et possessions de la victime. En 2012, une centaine de cas ont été recensés au Népal.