Ce dimanche, les Grecs se rendent aux urnes pour la troisième fois depuis le début de l’année. Les élections législatives semblent sans grands enjeux compte tenu de l’état des partis politiques grecs et de la pression des créanciers. 1er épisode : comment la Grèce en est arrivée là.

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Face à la pression des créanciers, les partis politiques grecs sont contraints de signer un accord en novembre 2011. Il prévoit la formation d’un gouvernement d’unité nationale pour mettre en oeuvre la politique de rigueur décidée et l’organisation de législatives anticipées qui sont donc organisées en mai 2012. Toutefois, c’est un échec, aucun gouvernement ne parvient à être formé, les partis traditionnels (Nouvelle Démocratie, Pasok) sont effondrés. #chamboulé

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Suite à l’échec des élections en mai, un nouveau scrutin est organisé un mois plus tard. L’écart se creuse encore, alors que la droite et les socialistes perdent des points, la gauche radicale incarnée par Syriza voit son score augmenté de 60 %, devenant le 2e parti de Grèce avec 26,89 % à moins de 3 points de la Nouvelle Démocratie. Mais aucune coalition n’est possible, l’un n’acceptant pas de gouverner avec l’autre et vice versa. Après deux ans et demi de flou et de débat, le Parlement est dissous le 30 décembre 2014. #shuffle

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Le 25 janvier se tiennent donc les troisièmes législatives anticipées depuis 2009. Cette fois, Syriza l’emporte. La gauche radicale obtient 36,34 % des voix soit 149 sièges sur 300, devant la Nouvelle Démocratie (27,81 %) et Aube dorée (6,28 %), qui devient le 3e parti grec puisque les socialistes du Pasok et les Grecs indépendants tombent à moins de 5 % des suffrages exprimés. C’est avec ce dernier, le parti de droite souverainiste nationaliste que s’allie Syriza pour former le gouvernement. Pour Alexis Tsipras, c’est l’heure du triomphe.

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Compte tenu des difficultés économiques du pays, la marge de manoeuvre du gouvernement grec est réduite à néant. Alexis Tsipras est contraint de négocier avec les créanciers qui imposent à la Grèce des réformes et des mesures d’austérité si elle veut bénéficier de leur aide financière. Le Premier ministre ne pourra donc tenir ses promesses. Il décide tout de même d’organiser un référendum le 5 juillet pour demander au peuple grec s’ils acceptent la proposition faite par l’Union européenne, la Banque centrale européenne et le Fonds monétaire international. Réponse : non à plus de 60 % des voix. Pourtant, Alexis Tsipras signe malgré tout l’accord de négociations le 13 juillet. C’est la scission au sein de Syriza. Les dissidents forment le nouveau parti Unité populaire.

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Alexis Tsipras signe le 19 août le mémorandum comportant des mesures d’austérité et des réformes économiques contraires à son programme. Le 20 août, ayant perdu la majorité au Parlement, il démissionne. Tour à tour, les partis politiques principaux ont trois jours pour tenter de former un gouvernement. Échecs.

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Des élections anticipées sont organisées le 20 septembre.

PHOTO : RÉFÉRENDUM GREC 2015 : MANIFESTATION POUR LE NON À ATHÈNES LE 3 JUILLET. CRÉDIT : GGIA