Non les ennemis de mes ennemis ne sont pas mes amis. Voilà ce que semble défendre la Turquie qui bombarde actuellement les positions militaires des rebelles kurdes qui luttent contre l’organisation État islamique en Syrie. Mais alors pourquoi ? Mot-clef : PKK.

Depuis l’attentat suicide survenu à Suruç le 20 juillet, l’armée turque mène une « guerre contre le terrorisme », à la fois contre Daech et contre les milices kurdes du PKK (Parti des travailleurs du Kurdistan) et de sa branche syrienne (YPG) qui se battent pourtant depuis de longs mois contre l’organisation État islamique en Syrie et en Irak.

Outre les frappes, le gouvernement de Recep Erdogan mène des vagues d’arrestations dans le pays, visant des membres présumés de l’EI mais aussi des rebelles du PKK et des militants d’extrême-gauche. 900 personnes auraient été arrêtées fin juillet en une semaine.

Pour le PKK considéré comme un groupe terroriste par la Turquie, les États-Unis mais aussi l’Union européenne, « les conditions du maintien du cessez-le-feu ont été rompues » et des représailles et attentats suicide sont revendiqués par les rebelles kurdes. Après une trêve de deux ans, la question kurde retombe dans la violence.

Pourquoi Erdogan a-t-il lancé une offensive contre le PKK ?
  • Aux élections législatives de juin dernier, l’AKP, le parti d’Erdogan au pouvoir depuis 2002 perd la majorité absolue, alors que l’HDP, le parti démocratique du peuple, pro-kurde emporte 13 % des voix. #dangerdémocratique
  • Alors que les combattants kurdes s’illustrent dans leur lutte contre l’organisation État islamique en Syrie et reçoivent même une aide militaire américaine, le gouvernement turc ne voit pas ça d’un bon œil, craignant la constitution d’une région autonome kurde.

Trente ans de conflit, 40 000 morts

 

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Adbullah Öcalan fonde en Turquie le PKK, un groupe tendance marxiste-léniniste qui vise à créer une autonomie pour les 25 à 35 millions de Kurdes vivant dans une région à cheval sur la Turquie, l’Iran, l’Irak et la Syrie.

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En exil, Abdullah Öcalan lance la lutte armée contre la Turquie au nom de la minorité kurde de Turquie, qui compte environ 15 millions de personnes soit 20 % de la population turque.

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36 000 soldats turcs sont envoyés en Irak pour combattre le PKK. C’est le début de la politique de la terre brûlée.

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Capturé, Abdullah Öcalan est jugé et condamné à la peine de mort, dont il réchappe du fait de la volonté de la Turquie d’entrer dans l’Union européenne. Sa peine est transformée en prison à perpétuité.

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Une première trêve est instaurée, elle dure jusqu’en 2004.

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Des négociations secrètes sont menées par la Turquie avec des membres du PKK mais au bout de deux ans à peine, c’est un échec.

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Un dialogue est noué entre le président Erdogan et le chef emblématique du PKK. Un cessez-le-feu est conclu en avril 2013. Le PKK s’assagit.

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Alors pour empêcher les Kurdes d’étendre leurs influences à la frontière turque, l’armée turque les attaque, quitte à ce que cela profite aux terroristes de l’organisation État islamique. #constructif

Crédits : Photo Archives AFP Mustafa Ozer