Notre système solaire compte 600 000 astéroïdes connus, dont plus de 11 000 géocroiseurs. Leur orbite coupe celle de la Terre, ou tout du moins s’en approche beaucoup, si bien qu’une modification même infime de leur orbite pourrait les pousser sur une trajectoire de collision avec la Terre. L’amélioration constante des moyens de surveillance du ciel rend croissant le nombre d’objets potentiellement dangereux pour notre planète. Si le risque de collision est proche de zéro, des solutions aux pires scénarios doivent être envisagées, et si possible, testées.

Tout d’abord, oubliez les films catastrophes où un gigantesque astéroïde fait route sur la Terre et que le seul espoir de l’humanité repose sur les épaules d’une poignée d’hommes et de femmes envoyés faire exploser l’objet. Armageddon et l’explosion façon Bruce Willis, c’est bon pour le cinéma.

Aujourd’hui, une seule solution réaliste est envisagée par les scientifiques : la déviation. Une seule solution, mais des facteurs et des moyens pluriels. Avant tout, la taille, la densité, la structure interne et la composition de l’astéroïde sont des paramètres essentiels qu’il faut connaître pour déterminer la meilleure façon de le dévier. Si l’astéroïde apparaît sous la forme d’un bloc compact ou bien un agrégat de matériaux, la surface n’est pas la même et le moyen de le dévier envisagé non plus.

3

C’est le nombre de moyens réalistes pour dévier un astéroïde.

Force nucléaire

Faire exploser à proximité de la surface de l’astéroïde une charge nucléaire. Considérée comme la solution de facilité, cette méthode pourrait à priori dévier l’objet (resté intact) grâce à la force dégagée par l’explosion.
Indice Bruce Willis : bruciebruciebruciebruciebruciebrucie

Force cinétique

Lancer un objet pour rencontrer à grande vitesse l’astéroïde permettrait de le dévier grâce à l’énergie cinétique. En 2005, la mission Deep Impact, menée par la Nasa, a fait percuter un impacteur de 372 kg sur une comète. Avec une énergie cinétique de 19 gigajoules, un cratère de 30 mètres de profondeur et de 100 mètres de diamètre a été créé.
Indice Bruce Willis : bruciebruciebruciebrucie

Force gravitationnelle

Dans l’éventualité où l’astéroïde est découvert suffisament tôt, l’utilisation d’un tracteur gravitationnel pourrait être possible. Il s’agirait de placer un engin assez massif évoluant tout près de l’astéroïde pour le faire dévier lentement de sa route.
Indice Bruce Willis : brucie

0

C’est le nombre de moyens réalisables pour dévier un astéroïde s’il est découvert trop près de la Terre.

La théorie, les scientifiques l’ont. La pratique en revanche, pas vraiment. À part la mission Deep Impact de 2005, aucun test pour dévier un astéroïde n’a été effectué. Du moins, pas encore car deux missions devraient avoir lieu au cours des 15 prochaines années. La mission Aida, en 2022, organisée par la Nasa et l’Esa (European Space Agency) a pour but d’étudier les effets d’une déviation par impact. Pour ce faire, le satellite AIM effectuera un tir sur un astéroïde inoffensif à 11 millions de kilomètres de la Terre.

La mission souhaitée par le Cnes (Centre national d’études spatiales) est quant à elle de plus grande envergure. En avril 2029, l’astéroïde géocroiseur Apophis, d’un diamètre de 325 mètres, passera à seulement 32 000 km de nous. En comparaison, la distance moyenne Terre-Lune est de 384 467 km. La mission consisterait à envoyer une sonde voler en formation avec lui pendant un an, six mois avant son passage à côté de la Terre, et six mois après. Le but de la mission est avant tout sécuritaire : si le risque de collision en 2029 est nul, les scientifiques sont pour l’instant incapables d’évaluer le risque lors de son passage en 2068. La mission devrait donc servir à connaître en détail sa structure interne afin de préparer une éventuelle action de déviation. Et éventuellement déterminer s’il faut travailler dès à présent à la matérialisation de l’hologramme de Bruce Willis.